Et si on arrêtait de vouloir réussir son été?
- Audrey Calvo
- 20 juil.
- 3 min de lecture
Il y a une scène qui se répète chaque année. Nous sommes début juillet, les derniers cours de yoga s'achèvent. Les corps bougent avec plus de lenteur, le mental est saturé, la fatigue rend les émotions plus vives. Dans les échanges après les cours, les mêmes phrases reviennent:
"je n'en peux plus", "il me tarde les vacances", j'ai besoin de souffler"
Et presque aussitôt, une autre conversation commence:
"tu fais quoi cet été", "tu pars où", "vous ne partez pas?ça va être long"
Comme si après une année à courir, à jongler avec les emplois du temps, il fallait maintenant réussir ses vacances et je me demande d'où vient cette injonction.

SLOW SUMMER
J'aime cette expression anglaise, et je supporte de moins en moins les injonctions autour de l'été:
il faudrait ne pas perdre 1 minute
voyager (loin)
rentabiliser chaque journée
afficher ses superbes vacances sur les réseaux
Pendant longtemps je suis tombée dans ce piège, je faisais des listes à n'en plus finir (plus que de jours disponibles sur ces 2 mois).
Maintenant j'en souris, parce que les meilleurs souvenirs d'été sont rarement ceux que j'avais méticuleusement planifiés.
Cette drôle de période entre deux rythmes et son paradoxe
En tant que professeure de yoga, mais aussi simplement comme femme cyclique, ce paradoxe me touche chaque année.
A la fin de mon année de cours, je ressens toujours un espèce de vide, un entre-deux un peu inconfortable.
Pendant des mois mon planning avait été rythmé par les cours, les ateliers, les préparations, la communication, la gestion.
Et puis soudainement, plus rien, enfin presque plus rien.
Je crois que ce qui me déstabilise ce n’est pas le ralentissement, mais la transition et aujourd'hui encore elle n'est pas toujours confortable.
Ce que le yoga m'apprend, chaque été
Je fais toujours attention lorsque je parle yoga, je n'aime pas qu'il soit un remède magique à tout. En revanche c'est un formidable outil d'observation. Il m'aide à reconnaître les moments où ça résiste.
Les moments où je voudrais être reposée alors que mon corps est encore en train de quitter le rythme de l'année. Il m'aide à accepter cet inconfort de la transition, à ne pas vouloir le remplir immédiatement.
Peut-être qu'il n'y a rien à réussir
Je ne crois pas qu'il faille ralentir à tout prix, tout le monde n'a pas les mêmes contraintes, tout le monde ne part pas en vacances, tout le monde ne rêve pas de passer des journées entières à ne rien faire.
Je crois qu'il est précieux de se demander: "De quoi ai-je besoin cet été"?
Et je suis sûre qu'il y a de nombreuses et différentes réponses:
peut-être de partir
de rester
de voir beaucoup de monde
de s'accorder des moments seul (e)
de faire une activité que l'on regarde depuis longtemps ou peut-être pas
ET CE N'EST PAS GRAVE
Laissez l'été nous surprendre
Aujourd'hui, je n'ai plus aucun problème à répondre à: "qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui", "pas grand chose"! et je le dis sans culpabilité, parce-que je sais que je suis en train de récupérer. Je sais aussi que je prépare sans vraiment m'en rendre compte (sauf quand je m'arrache les cheveux sur les paramétrages de mon site), la rentrée qui viendra.
(je précise que l'été mon planning est très allégé, que mon métier me le permet)
Je ne sais pas très bien de quoi mon été sera fait (à part 2 ou 3 trucs réservés car c'est aussi le jeu), mais je vais essayer de lui laisser suffisamment d'espace pour qu'il puisse me surprendre.
Finalement, c'est peut-être cela que la pratique du yoga m'apprend, non pas à freiner d'un seul coup, mais à ne plus avoir peur des espaces vides.

Et vous, de quoi votre été a t'il besoin?
Peut-être que vous vous reconnaitrez dans tout cela ou pas. Peut-être que votre été sera rempli de voyages, de projets ou peut-être qu'il vous offrira quelques heures sans programme, un livre qui vous attend à la page 32 depuis des mois, une marche au lever du soleil, une sieste dans culpabilité.
C'est dans cet esprit que j'ai imaginé les rendez-vous de l'été, on pratique bien sûr mais on s'autorise surtout à sortir du rythme du reste de l'année. On se retrouve dehors, on respire, on bouge, on profite de la nature.
Certain(e)s reviennent après plusieurs étés, d'autres découvrent ces moment yoga pour la 1ère fois.
J'aime cette idée que l'on se retrouve sans pression




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