La traversée de l'hiver
- Audrey Calvo
- 26 janv.
- 3 min de lecture

Janvier est un mois particulier.
Sur le papier, il est censé marquer un redémarrage, un nouvel élan, parfois même une forme de remise à zéro.
Mais dans la réalité celle des corps, des respirations, des tapis de yoga, il raconte souvent autre chose.
En tant que professeure de yoga à Pau, j’observe chaque année des mouvements subtils, parfois discrets, mais toujours très parlants. Et ces observations ne concernent pas seulement mes élèves : elles me traversent moi aussi, dans ma pratique et dans mon quotidien.
I. Ce que j' ai observé en janvier dans les cours de yoga
Dans les cours yoga, le mois de janvier a eu une texture bien particulière.
Les corps arrivent souvent avec moins d’élan qu’en septembre, moins de feu qu’au printemps. Il y a de la fatigue encore présente, une forme de lenteur, parfois même de flou.
Les élèves sont là, motivés, mais leur corps raconte autre chose :
*des muscles plus raides
*un souffle plus court
*un besoin de douceur plus marqué
*une difficulté à “s’y remettre” comme prévu
Et ce n’est pas un problème.
C’est une information.
Dans mon studio yoga à Pau, j'ai vu combien janvier invite davantage à l’écoute qu’à la performance. Le corps ne réclame pas qu’on lui en demande plus ; il demande surtout qu’on l’écoute mieux.
II. Le corps ne fonctionne pas en dates
Dans la pratique du yoga, on apprend vite une chose essentielle :
le corps ne suit pas le calendrier. Il ne sait pas que l’année a changé.
Il ne comprend pas les injonctions à repartir vite, à décider, à performer à nouveau.
Le corps fonctionne par cycles, par intégration lente, par ajustements successifs.
Janvier arrive alors que l’hiver est encore bien là. Les réserves sont parfois basses, l’énergie tournée vers l’intérieur, et le système nerveux demande encore du repos.
C’est quelque chose que j’observe autant dans les cours de yoga que dans ma propre pratique : forcer un élan qui n’est pas encore prêt crée plus de tension que de clarté.
III. Moi aussi, je ressens cette lenteur
Cette lenteur de janvier, je ne l’ ai pas observé seulement chez les autres. Je la ressens moi aussi.
Dans ma pratique personnelle de yoga, j’ai appris à ne plus lutter contre ce rythme plus lent.
Certaines années, j’ai essayé de “repartir” trop vite. Aujourd’hui, je choisis plutôt d’ajuster, de simplifier, de laisser de l’espace.
Ralentir ne signifie pas abandonner, cela signifie reconnaître ce qui est là.
C’est aussi pour cela que, dans mon studio yoga Pau, j’accorde une place importante aux pratiques douces, à la respiration, au temps long. Parce que ce sont souvent ces espaces-là qui permettent à quelque chose de plus juste d’émerger ensuite.
IV. Ralentir, ce n’est pas reculer
Il y a une confusion fréquente entre lenteur et stagnation. Pourtant, mon expérience depuis plusieurs années maintenant me montre l’inverse.
Lorsque je ralentis, je me retrouve.
Lorsque j’écoute, quelque chose s’organise.
Lorsque je laisse de l’espace, un nouvel élan peut naître, plus juste, plus durable.
C’est vrai sur le tapis,c’est vrai dans l’enseignement du yoga et c’est vrai dans la vie.
V. Une invitation simple
Je n'ai ni méthode ni règle universelle, simplement une observation, partagée avec douceur.
Et si, en cette fin de mois de janvier, vous ressentez encore le besoin de ralentir, de vous recentrer, de revenir au cœur de votre pratique, ce n’est pas un signe de faiblesse.
Et si vous ressentez surtout le besoin de continuer dans ce rythme au mois de février, ce n’est pas un manque d’élan non plus.
C’est souvent le signe que quelque chose en vous cherche un chemin plus vrai.
Et si vous laissez un peu d’espace, peut-être découvrirez-vous, vous aussi, que le mouvement le plus juste n’est pas toujours le plus rapide.
VI. Pour continuer à vivre l’hiver autrement
Si cette manière de traverser janvier, dans la lenteur et l’écoute, résonne pour vous, j’ouvre aussi des espaces pour continuer à vivre l’hiver autrement; non pas comme une période à “tenir”, mais comme un temps à habiter pleinement.
Le dimanche 1er février, je proposerai une soirée Yin Yoga & Odyssée Sonore, une invitation à ralentir profondément, à déposer le corps, à laisser le souffle et les vibrations guider l’expérience.

Le dimanche 8 février, une immersion yoga viendra prolonger ce mouvement : un temps plus long, plus enveloppant, pour explorer la pratique dans la durée, laisser infuser, et ressentir ce qui a besoin de se transformer doucement.

Ces propositions ne sont pas des réponses toutes faites.
Ce sont des espaces pour ralentir, écouter et continuer à vivre l’hiver avec plus de présence et de justesse.
Namaste
Audrey




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