top of page
Rechercher

Derrière le tapis: ce que l'on ne voit pas toujours du métier de professeur(e) de yoga à Pau

27 août
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 août

Derrière le tapis: ce que l'on ne voit pas toujours du métier de professeur(e) de yoga

(Point de vue et réflexions d'une professeure de yoga à Pau)


Il y a ce que vous voyez: une professeure qui arrive, qui déroule son tapis, vous accueille, vous guide pendant 1h et vous souhaite une bonne journée ou une belle soirée.

Il y a les cours, les ateliers, les retraites, les moments partagés. Il y a surtout cette chance immense de transmettre quelque chose que l'on aime, de voir des personnes évoluer dans leur pratique, et de créer des liens.


Et puis, il y a tout le reste.


Ce que l'on montre moins, ou plutôt ce qui n'a pas sa place dans un cours. On ne connaît pas vraiment sa ou son professeur de yoga, on connaît ce qu'elle choisi de partager, une partie de sa personnalité (sans avoir besoin d'un carrousel instagram pour dire que oui une prof de yoga parfois ça s'énerve, n'est pas toujours zen et peut même juger. Je juge ? oui :))


Derrière l'enseignante, il y a une femme (oui je parle de moi ici) avec ses questionnements, ses doutes, son corps (spoiler alert: il change), ses contraintes, et surtout une entreprise à faire tourner.


Aujourd’hui je vous en parle sur ce blog, attention ce n'est pas pour dresser un tableau noir de ce métier que j'ai choisi, que j'aime toujours, mais simplement pour raconter ce qu'il y a derrière le tapis (ou sous le tapis, vous choisissez).


I. Enseigner c'est aussi faire fonctionner un modèle économique

Il m'a fallu du temps pour être à l'aise avec cette idée, on peut employer tous les mots autour de la transmission, de la vocation, du partage: à la fin du mois, il y a les charges, les formations, les assurances, les outils numériques etc...Et il faut que l'argent rentre !


Alors oui, même si ce n'est pas tous les jours (ou nuits), une professeure de yoga se demande comment elle va remplir ses cours, elle réfléchit à ses tarifs, ses abonnements, sa communication, comment fidéliser, comment accueillir les nouveaux, et si cet atelier va se remplir, si cette retraite sera viable etc...


Un professeure de yoga fait: du marketing même si elle n'aime pas ça, du commerce, elle prend des décisions guidées tour à tour par l'envie, ses valeurs ou par la réalité économique.


Rassurez-vous avec le temps je vois moins les contractions, le yoga peut occuper une place importante et être en même temps un métier.


Mais alors, où est le problème?


II. Tout ne dépend pas de nous

Quand on est indépendante il faut accepter que l'on a beau beaucoup s'investir dans ce métier, beaucoup réfléchir, malgré tout on ne peut pas tout maîtriser.


Parce que notre public avant d'être une clientèle, ce sont des humains et les humains changent.


Ils déménagent, ont des enfants, changent de travail ou d'horaires, traversent des périodes compliquées, découvrent une nouvelle activité, ou n'ont tout simplement plus envie de pratiquer. Il y a aussi le contexte économique, quand le budget se resserre chacun revoit ses priorités.


C'est logique vous me direz, ça l'est parfois moins lorsqu'un cours se vide et la seule question qui vient est : qu'est-ce que j'ai fait pour que ça arrive?


Alors oui, il y a des remises en question mais d'autres fois ça n'est pas lié à notre façon de faire notre métier.


III. Pourquoi ajoutons-nous d'autres cordes à notre arc?

Massage, pilates, cérémonie du cacao, danse, programme en ligne...Il suffit de regarder mon parcours et celui de nombreuses enseignantes pour constater qu'au fil des années beaucoup ajoutent de nouvelles pratiques au yoga.


La 1ère raison: la curiosité et la soif de découverte. On découvre quelque chose qui nous plaît, qui nous fait du bien, on se forme, on approfondit et puis un jour on a envie de le partager.

Mais je vais être honnête, diversifier ses propositions c'est aussi diversifier ses sources de revenus, et ce n'est pas un gros mot.

Cela permet de ne pas faire reposer toute une activité sur quelques heures de cours par semaine, de préserver son corps et son énergie, de redonner un 2nd souffle.


Donc, cette question est au coeur de notre métier: comment le faire évoluer pour qu'il reste viable dans le temps


III. La question du corps

D'autant plus que le métier est exercé en majorité par des femmes.


On commence à enseigner à 25,30,35, 40 ans avec un certains corps et une certaine disponibilité, puis les années passent, nos corps changent, nos vies, et nos besoins.


Et à un moment donné: est-ce que je pourrai et est-ce que j'aurai envie de faire exactement la même chose dans 10 ou 20 ans?


Il y a ce que vous voyez: le cours, le sourire de la prof, sa voix, son humeur, son humour, son cahier de notes, sa playlist longuement préparé. Et il y a ce que vous ne voyez pas: les messages plus ou moins agréables, les inscriptions, les annulations, le site, la communication, l'organisation.


Tout cela demande de l'énergie, et comme notre corps elle n'est pas inépuisable.


IV. Est-ce que je ferais encore ce métier dans 10 ans?

Je me la pose maintenant à 46 ans mais il y a 8 ans elle ne m'a même pas traversé l'esprit, j'ai sauté du plongeoir de la reconversion en toute confiance.

Mais continuer jusqu'où? coûte que coûte ?


Est- ce qu'une activité qui nous a nourrie et rendue heureuse pendant de nombreuses années devient un échec le jour où elle ne nous convient plus tout à fait?


Je ne le crois pas.


Je ne crois pas qu'il existe une bonne manière de faire durer sa carrière dans le yoga, et je crois encore moins que nous soyons obligées de connaître aujourd'hui la forme qu'elle prendra dans 10 ans, regardons d'abord le ici et maintenant cher au yoga et la pleine conscience.


V. Quand les enseignements du yoga nous rattrapent et qu'ils prennent vie

Nous parlons (nous les prof) à nos élèves d'impermanence, de non-attachement, de vérité, de non violence, nous leur répétons d'écouter leur corps, de ne pas forcer, d'accepter qu'une pratique puisse être différente.

Mais lorsqu'il s'agit de notre propre métier, ce n'est pas tout à fait le même discours (le fameux cordonnier qui est le plus mal chaussé). Il nous arrive aussi de nous accrocher à un fonctionnement, de ne pas vouloir ou pouvoir envisager des changements, ou de ne pas les voir.

Je trouve intéressant de se demander mais pourquoi nous avons autant de mal à nous appliquer ces mêmes principes en dehors du tapis (certains et certaines y arrivent très bien).


VI. Après 8 ans, je choisis de ne pas forcer

On entre dans la partie la plus personnelle de cet article, merci si tu as eu le courage de lire jusqu'ici.

Je vais droit au but: cette année 2025-2026 je me suis essoufflée


Je pourrais chercher 1000 explications et il y en a plusieurs mais à un moment donné, je crois qu'il faut aussi regarder simplement ce qui est là.

Aujourd'hui derrière mon ordinateur ça me parait simple et fluide de l'écrire, mais cela m'a demandé des semaines de réflexions.


JE N'AIME PAS MOINS LE YOGA

IL NE DISPARAÎTRA PAS DE MA VIE


D'ailleurs si vous me suivez sur les réseaux vous avez bien vu qu'il était toujours aussi présent cet été et qu'il le sera encore après.


C'est juste que quelque chose s'est perdu en chemin, et que j'ai besoin de faire de la place pour le retrouver autrement.


Alors, j'ai décidé d'alléger mon planning, voilà c'est écrit ! avec cette petite voix qui me demande si je devrais pas encore faire quelques efforts, la réponse est NON!


Je m'applique à moi même ce que j'enseigne depuis des années: ne pas forcer; accepter que les choses changent, ne pas m'accrocher, avoir confiance en la vie.


VII. Et maintenant?

Retrouvez-moi dès le 7 septembre au studio, je vous glisse le planning ci-dessous:

Planning cours de yoga à Pau
Planning cours de yoga à Pau

Et puis il y aura d'autres rendez-vous, des espaces plus longs, c'est juste ici:

Planning ateliers et retraite du studio de yoga à Pau
Planning ateliers et retraite du studio de yoga à Pau


Et évidemment les retraites yoga, la prochaine est en novembre, jetez un coup d’œil ici pour rejoindre l'aventure:


Retraites de yoga à Pau et dans les Pyrénées atlantique
Retraites de yoga à Pau et dans les Pyrénées atlantique


Cet article vient clôturer mes réflexions de l'été, j'en profite pour vous dire MERCI, de m'avoir lue. J'ai pris beaucoup de plaisirs à les écrire, à poser certains sujets un peu hors du cadre yoga.


Et maintenant place à la rentrée!


















 
 
 

Commentaires


bottom of page